La lutte qu’ADENU mène dans le dossier de crédits carbone dans le Nord-Ubangi n’est ni une chasse aux sorcières ni un caprice d’activistes en mal de visibilité. C’est une réponse responsable, lucide et légitime à une dérive systémique : le bradage organisé des ressources naturelles de notre province et, plus largement, de la RDC par ceux-là mêmes qui sont censés protéger l’intérêt général ou avec leur complicité.
L’affaire WWW-C n’est qu’un révélateur. Loin d’être une cible personnelle, cette entreprise n’est qu’un maillon d’un système néo-capitaliste en place et d’un vaste réseau. ADENU ne cherche pas à s’acharner contre cette entreprise. Peut-être a-t-elle elle-même été piégée dans une machination où l’illégalité se normalise. Mais un contrat entaché d’irrégularités dès sa gestation, attribué sans transparence ni implication réelle des parties prenantes locales, ne peut que faire la part belle à ses initiateurs, concepteurs primaires ou intermédiaires. Dans ces conditions, les intérêts profonds et légitimes des riverains de la zone forestière visée et de la Province ne sont pas garantis. C’est pourquoi ADENU a attaqué ce contrat en justice.
Mais au-delà du cas spécifique de WWW-C à Businga, c’est un combat de principe que nous menons. Nous voulons que plus jamais un contrat de cette nature ne soit signé sans contrôle citoyen, sans transparence, sans respect total du droit des communautés locales.
ADENU n’est pas contre les communautés locales. Bien au contraire. Nous sommes convaincus qu’elles doivent être les principales bénéficiaires des retombées des marchés de crédits carbone. Mais cela ne peut se faire dans le flou, l’isolement, la manipulation ou la corruption, au propre comme au figuré. Il faut un encadrement rigoureux, porté par des OSC qui maîtrisent les mécanismes complexes de ce marché globalisé.
Car ce marché ne se limite pas à Businga. Demain, d’autres entités de la Province seront ciblées : les territoires de Bosobolo, Mobayi-Mbongo, Yakoma ou la ville de Gbado-Lite. C’est pourquoi nous appelons à la sécurisation juridique des terres communautaires. Sans cela, les populations locales resteront des spectateurs de la prédation, de l’exploitation de leurs ressources millénaires.
La lutte d’ADENU, c’est celle de la vigilance citoyenne face au pillage masqué par des discours verts. C’est celle de la dignité du Nord-Ubangi face à la prédation.
Nous ne nous tairons pas. Car l’avenir de notre Province ne se négocie pas dans l’ombre. Il se construit dans la transparence, la justice et l’implication réelle des filles et fils du Nord-Ubangi.
Le Nord-Ubangi mérite mieux. Et nous nous battrons pour cela.
ADENU – Voix de la conscience citoyenne,
C’est le regard du citoyen.
La rédaction/ ADENU