« Ngbaka – Ngbandi, Quand vos tensions identitaires menacent la recherche commune pour le développement de l’Ubangi et frustrent les autres groupes ethniques »
Deux faits de haute facture et grande estime ont marqué le Nord-Ubangi durant cette première moitié de 2025, à la satisfaction de la majorité des Filles et Fils du Nord-Ubangi. Il s’agit de l’élection de Monsieur Jean Claude Kotongo Anfio Bato comme Gouverneur de la Province et de la désignation de l’Abbé Joseph Mopepe Ngongo, par le Saint-Père, comme Evêque du diocèse de Molegbe. Coïncidence ! Les deux dirigeants sont des frères Ngbaka, chaleureusement accueillis et acceptés par les Nord-Ubaniens.
Cependant, un couac, comme un cheveu dans la soupe ! En marge d’une part, des célébrations de l’élection du Gouverneur part les députés provinciaux dont des ngbandi et de la contestation par son adversaire politique Marie-Claire Kengo wa Dondo Mokandakese et d’autre part, des réjouissances de la désignation de Monseigneur Joseph Mopepe Ngongo comme Évêque de Molegbe, quelques fauteurs de troubles, présentés comme des frères Ngbaka, clament et qualifient les deux avènements, à tort ou à raison, comme une « victoire » des Ngbaka sur les Ngbandi, alimentant une lecture communautaire des faits institutionnels, largement acceptés et validés.
Ce triomphalisme mal placé crée un climat délétère et dangereux. Il transforme des événements nationaux ou religieux en affrontements symboliques entre deux peuples frères. Ce n’est plus seulement une querelle politique ou, encore moins, ecclésiastique. C’est ’est désormais une tension identitaire qui risque d’empoisonner notre vivre-ensemble.
Mais soyons clairs : cette tension peut bien être l’arbre qui cache la forêt. Pendant que l’on s’écharne sur les origines des élus ou des évêques, les vrais défis de l’Ubangi (davantage) Nord comme Sud – insécurité, pauvreté, enclavement, absence d’infrastructures de base – demeurent intacts. Les rivalités instrumentalisées ne profitent qu’à ceux qui prospèrent sur la division.
Face à cette montée d’émotions, l’ADENU (Association pour le Développement du Nord-Ubangi) appelle à la responsabilité collective. Il est temps que, d’une part, les sages, notables, leaders d’opinion pour ce qui est du Nord-Ubangi et d’autre part, les notables, dirigeants des associations Ngambe et Mbiya, pour ce qui est du Diocèse, s’impliquent ouvertement pour désamorcer le malaise perceptible sur fonds de tension ethnique. Il faut recoller les morceaux avant que le tissu social ne se déchire. Il ne s’agit pas de taire les frustrations, mais de les canaliser vers des solutions durables, respectueuses et fraternelles.
Le Nord-Ubangi a besoin de bâtisseurs, pas de fauteurs de discorde. L’ennemi n’est pas le voisin d’une autre ethnie, mais l’ignorance, la division et la pauvreté. Ensemble, les différents groupes ethniques ont l’obligation de construire une Province forte, unie et tournée vers l’avenir.
Chers frères et sœurs Ngbandi et Ngbaka, surtout, la jeunesse, l’histoire retiendra ceux qui ont choisi l’unité comme héritage.
Et comme ne cesse de nous rappeler ADENU « Ensemble, nous sommes plus forts. Agir pour le Nord-Ubangi, c’est encore mieux. ».
La rédaction/ ADENU