Un nouvel épisode vient d’être écrit dans la gestion trouble du marché des crédits carbone dans la province du Nord-Ubangi.
Ce 20 août 2025, une séance de travail a réuni l’exécutif provincial, la délégation de la société WWW-C et quelques chefs coutumiers autour du renouvellement d’un contrat déjà contesté. Mais les grands absents encore une fois étaient les organisations de la société civile, notamment ADENU, pourtant au cœur du combat pour la transparence dans ce dossier.
Une exclusion délibérée ?
ADENU a non seulement dénoncé les irrégularités du premier contrat signé avec WWW-C, mais elle a aussi saisi la justice pour faire valoir les droits des communautés locales. Ignorer cette voix, c’est ignorer la légitimité des populations concernées. C’est choisir de gérer un bien commun dans l’opacité, loin des principes de bonne gouvernance.
Et ce n’est pas tout. Un silence lourd continue d’entourer la présence massive et inquiétante des éleveurs Mbororo dans la province.
Cette réalité, que les autorités tant provinciales que nationales préfèrent taire, constitue pourtant une menace directe à la viabilité des projets de crédits carbone. Comment parler de conservation, de protection forestière, pendant que des pans entiers du territoire sont soumis à une occupation incontrôlée, conflictuelle et destructrice ?
ADENU, encore une fois, n’est pas restée silencieuse.
L’organisation a déposé des propositions concrètes sur le bureau du gouverneur sortant, Malo Mobutu, et sur celui de l’actuelle Assemblée provinciale. Des propositions allant dans le sens d’une sécurisation juridique des terres, notamment via l’octroi de titres fonciers communautaires. Un mécanisme essentiel pour protéger les droits des populations locales et prévenir le chaos foncier. Mais comme souvent, ces propositions sont restées lettre morte.
Alors, faut-il s’étonner que le Nord-Ubangi soit toujours en marge?
Non. Il faut s’en indigner. Il faut le dénoncer.
Un projet de crédits carbone sans implication réelle des communautés, sans les organisations de la société civiles ( ONG locales, associations culturelles, mouvements de la jeunesse, confessions religieuses ) vigilantes, sans cadre foncier clair, est voué à l’échec.
Pire : il devient un instrument de prédation maquillé en solution climatique.
Il est temps que cela cesse.
Il est temps que les voix citoyennes soient prises en compte.
Il est temps que les autorités assument leurs responsabilités.
Il est temps que la transparence devienne la règle, pas l’exception.
Le Nord-Ubangi ne peut pas et ne doit pas être la province du silence complice.
Le Regard du Citoyen ,
Pour une gouvernance équitable et durable.
La rédaction/ ADENU